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Les 8 excellentes raisons pour lesquelles il me fallait créer Creafeed

Ce texte est le quatrième post de ce blog, ouvert il y a dix mois. On ne va pas se raconter d’histoires, c’est beaucoup trop peu. Mais, fidèle à ce vieux principe voulant que chaque contrainte soit transformée en opportunité, je profiterai de cet espace pour rattraper ce retard en corrigeant un autre acte manqué : l’absence sur ce site, de rubrique « Réalisations ». C’est prévu pour la rentrée. Creafeed est encore un bébé. Trop occupé à m’occuper de lui,  je n’ai pas pris le temps de « faire savoir » que sa croissance se passait à merveille. Ce post va tâcher de combler ce vide de publicité.

Cela fait exactement un an que j’ai quitté la rédaction en chef d’eurosport.fr pour tenter l’expérience de l’entreprenariat. C’est la date-anniversaire de cette indépendance qui justifie cet article. Creafeed n’a vu le jour qu’en septembre 2014. Notre anniversaire est quasiment le même jour. Numéro de Siret 804 785 756 000 11. C’est du sérieux.

Un an, à l’échelle d’une carrière et d’une entreprise, c’est très peu. J’ai pourtant l’impression que dix vies se sont écoulées entre-temps. Un indépendant passionné par son métier possède, par définition, un appétit d’ogre sur le nombre de projets qu’il peut, qu’il doit, qu’il va embrasser. Mais si je liste – et je vais le faire ici – les principales expériences dans lesquelles j’ai été impliquées sur la période, je dois constater que Creafeed est bien le terrain fertile que j’entendais cultiver. Ce texte est, en quelque sorte, la version pratique du Manifeste publié au lancement de la société : après les principes, voici ses premières applications concrètes.

Comme l’exprime avec talent Buzzfeed France ici, être indépendant, c’est quelque part passer son temps à décrire ce qu’est exactement son travail. Ces derniers mois, cette impression a rapidement cédé la place à la sensation que les gens comprenaient exactement ce dont il s’agissait. Creafeed fait du « contenu éditorial sur mesure ». Le plus important, dans cette phrase, vient de la vocation à faire du « sur mesure ». Ce n’est pas exactement une industrie qui quadrille le territoire, mais c’est mon dada.

Cette carrière de content producer s’est, jusqu’ici, matérialisée par une quinzaine de projets ou de types de mission :

– En amont de la production éditoriale ;

– Pendant la production éditoriale ;

– En aval de la production éditoriale.

J’en donnerai ici un aperçu le plus complet possible, mais non exhaustif. Le post est déjà trop long : il serait définitivement beaucoup trop long, et surtout le secret des affaires s’impose aussi à mon échelle.

Si Creafeed est évidemment mon bébé, l’entreprise n’aurait pas passé une si belle année sans les six collaborateurs qui, à un moment ou un autre, ont exercé une mission pour son compte. Sincères remerciements à eux et à elles. Voici ce qu’ils m’ont aidé à réaliser.

1. Des livraisons de verticaux médias

C’est l’ADN de l’entreprise. Les médias sont aujourd’hui des entités malaxées par un marché qui évolue très vite, des usages sans cesse bouleversés, des métiers en constante évolution. Ils n’ont pas toujours les moyens internes de leur développement. Creafeed peut être, s’ils en voient l’utilité, le prolongement provisoire de leurs structures internes sur des projets précis, ayant un but précis, et nécessitant la mise en oeuvre de moyens précis, le plus souvent liés à la transition numérique.

Conformément à ma promesse consistant à fournir un contenu parfaitement synchronisé aux objectifs fondamentaux et à l’identité éditoriale d’un commanditaire, j’ai commercialisé cette année cinq séries de contenus à thème, notamment sur le sport et la high-tech. Il a pu s’agir d’articles simples, d’articles enrichis, ou de videos.

A mes collègues journalistes intéressés par mon travail, je dis souvent la chose suivante : « Tu vois l’AFP ? Je suis tout le contraire. C’est une multinationale, je suis tout petit. Ils envoient une énorme quantité de contenu standard à une grosse masse de clients, j’envoie à chaque client un contenu unique, le seul dont il a besoin pour aller au bout de son projet. Et je ne me contente pas de livrer : j’interviens à toute la phase de conception si besoin. » Je crois que c’est un résumé correct.

 

2. De la stratégie éditoriale

Le propre des stratèges est d’agir dans la plus stricte confidentialité. Les projets réalisés ou en cours de réalisation resteront ici secrets. Je communiquerai simplement sur les méthodes de travail qui, depuis le début, me servent de boussole et aident mes partenaires.

Un jour, un patron de rédaction qui prenait connaissance de ce que j’avais à proposer, me posa cette excellente question : « Quelle est votre spécialité ? » Il me connaissait peu, m’avait écouté attentivement, et s’attendait à ce que je réponde « le sport », ou « la video », ou « des flux verticaux mono-thématiques », ou « la formation en journalisme numérique ». Il espérait un point d’ancrage qui lui permettrait de comprendre dans quelle circonstance il aurait éventuellement besoin de moi. Je lui ai répondu en improvisant ma réponse mais je l’en remercie tous les jours, puisqu’elle m’a servi de modèle ensuite. Je lui ai dit en substance : « Ma spécialité, c’est une méthode qui considère que la valeur éditoriale est un enchaînement de choix très forts et très sophistiqués. Cela part de la conception éditoriale : que vais-je apporter et à qui ? Cela se prolonge jusqu’au dernier petit tour de tournevis dans l’editing et la finition. C’est une compétence à 360 degrés, qui doit s’assumer comme telle et qui est seule susceptible de donner, sur la durée, une griffe à un contenu. »

Partout où cette exigence est desserrée ou mal menée, ne serait-ce qu’à un seul endroit de la chaîne, je peux l’identifier. Ce sont ces détails qui font la différence entre un contenu éditorial standard et un contenu éditorial marquant. L’enjeu du moment, pour les médias, anciens comme nouveaux, est de capter l’attention d’un public très volatile sans renoncer à la valeur parfois ancestrale de leur marque. L’enjeu, pour résumer, est de produire du contenu « sur-mesure », on y revient toujours… digital

3. De la création de videos web

C’est un sujet sur lequel il reste beaucoup à construire et sur lequel, j’en suis convaincu, nous n’en sommes qu’à nos balbutiements. J’englobe dans le « nos » le marché des médias en général et l’activité de Creafeed en particulier.

Pour résumer la situation, tous les médias présentent aujourd’hui la video web comme une priorité, mais trop peu la pratiquent avec la créativité et l’audace que le sujet implique. Tous les filons qui fonctionnement (buzz, zapping, exploitation d’images d’antennes) sont correctement exploités par ceux qui ont accepté ce parti-pris. Mais mon analyse est que, pour le reste, il reste un vaste territoire à occuper. Les formats télévisés dupliqués sur le web enregistrent, logiquement, des échecs qui me semblent programmés. Je relève beaucoup de tentatives intéressantes chez un nombre croissants d’éditeurs mais reste convaincu que beaucoup ne vont pas assez loin, et sont parfois aveugles face au potentiel de leurs propres savoirs-faires internes, par excès de prudence, manque de culture numérique ou en confondant  leur propre sensibilité au sujet avec celle de leur cible. Dans nos rares temps morts de l’hiver, nous avons créé, avec Creafeed, quelques formats qui figurent dans notre chaîne Dailymotion. Qu’il s’agisse de motion design, de valorisation de contenus photos, de logotypes, de cartographie, ou d’un mélange de toutes ces recettes, il y a beaucoup à faire sans s’enfermer dans la fausse idée que d’immenses moyens de production sont nécessaires.

Ces recettes sont celles que j’avais exploitées pour créer la grille d’eurosport.fr. L’espace existe pour des formats de video web créatifs, porteurs de valeur ajoutée et rentables. Les années à venir le démontreront et nous avons l’intention d’y participer.

4. De la formation initiale et professionnelle

Ma vie de formateur est très étroitement liée à mon activité de directeur des études adjoint au CFJ Paris, dont je parlerai plus loin. J’ai poursuivi cette année mon enseignement en stratégie éditoriale web à l’école des métiers du web Supdeweb et mis un pied dans la formation professionnelle. Nous avons monté, avec Matthieu Stefani, de l’agence #CosaVostra, un programme de perfectionnement en journalisme numérique (par exemple sur la titraille ou l’écriture, sujet sur lequel voici quelques convictions). Je rends des services à mes voisins du CFPJ. La promesse consistant à faire du « sur-mesure » concerne aussi la formation. Si, par ailleurs, je ne suis pas moi-même en mesure de répondre à votre besoin d’évolution de compétence sur les métiers de la création éditoriale, mon réseau me permettra de vous orienter rapidement vers le personnel qualifié.

5. De nouvelles écritures

Ici, les projets sont en cours, les idées en phase de réalisation, et c’est à la rentrée que nous pourrons communiquer davantage. Qu’ils s’agisse d’écriture multimédia, de data-journalisme ou de nouveaux supports, Creafeed est décidé à investir de la champ des nouvelles écritures, dont la video fait partie. Le premier projet sorti de terre à date est le projet 20XV, pour lequel eTF1 a choisi Creafeed comme partenaire. 20XV est un magazine natif pour tablette, comme il en existe peu en France aujourd’hui, articulé autour de la Coupe du monde de rugby. La numéro 1 est déjà téléchargeable sur les stores. C’est une forte pression que d’être à la hauteur de tels écrins. Mais c’est fondamentalement un vrai bonheur que de se mesurer à ces nouveaux usages.

6. Du simple bonheur d’être journaliste rédacteur

Les gens sont parfois adorables. Du moins, ceux qui choisissent de caresser mon ego dans le sens du poil en me disant que mes papiers sur Eurosport leur manquent. Je leur réponds toujours qu’Eurosport a quand même publié vingt articles sous ma signature après mon départ et que je prends garde à ne pas couper avec l’écriture et le métier de rédacteur, sur différents supports. Il n’est pas l’axe de développement de ma nouvelle carrière. C’est un pêché mignon que de vouloir garder la plume. J’assume et j’avoue : je vis dans le pêché.

Me voilà finalement en situation paradoxale : je peste souvent contre ce temps qui manque et m’empêche de réaliser, autant que je voudrais, de « simples » articles. Mais je dois reconnaître avoir signé, en dix mois, en plus de quelques chroniques à Eurosport, plus de vingt articles sur slate.fr sur le sport et la musique (nous avons créé un format qui parle de l’actu de la pop autrement), un long format sur Roger Federer et une série sur la géographie du tennis pour Ijsberg, une poignée de papiers football pour lexpress.fr, des articles pour les médias suisses avant la finale de la Coupe Davis et un article en anglais pour Eleven, un magazine natif pour tablette né entre Londres et les Etats-Unis. Finalement, quand je regarde dans le rétro, je constate que je n’ai pas exactement lâché ce job de rédacteur. Et quand je vois le carnet de commande, je souris benoitement.

J’ai par ailleurs pour habitude de ne jamais laisser une demande dans la nature si je n’ai personnellement pas le temps de rédiger l’article qu’on me demande. Je sais toujours l’orienter vers un professionnel fiable ou un excellent potentiel de mon réseau. Ceci est une transition avant le point suivant.

La page qui centralise ma série sur la géographie du tennis pendant Roland-Garros.

La page qui centralise ma série sur la géographique du tennus pendant Roland-Garros.

 

7. Et aussi : directeur des études au CFJ

C’est, en vrai, mon deuxième travail, à moins que Creafeed soit mon deuxième job derrière celui, très officiel et passionnant, de directeur des études du Centre de Formation des Journalistes, en charge des première année et des deuxièmes année, filière écritures numériques. A vrai dire, je n’en sais rien : les deux activités se complètent et me stimulent dans les mêmes proportions.

Il est beaucoup trop tôt pour mesurer ce que j’aurai apporté concrètement à ces jeunes gens, trop tôt aussi pour mesurer à quel point leur énergie nourrit ma compréhension du métier tel que la relève entend l’exercer. Mais je mesure toute la responsabilité qui consiste à façonner les premiers repères des professionnels qui auront débuté dans cette prestigieuse maison. La bonne nouvelle, c’est que nous avons beaucoup à leur dire sur le métier et sa modernisation. La vision du journalisme partagée par l’équipe de direction à laquelle j’ai été intégrée est stimulante, moderne, créative et – telle est ma sensation et ma fierté – adaptée à son temps. J’aime ce métier, j’aime le voir bouger, j’aime participer à sa vitalité, et j’aime prendre le contre-pied des pessimistes de tout bord qui en prédisent la fin ou la dégradation.

Journaliste est un job formidable à condition d’être exercé avec un maximum d’humilité, d’exigence et de curiosité intellectuelle. Les modèles hérités du XXe siècle vivent leurs derniers souffles. Mais les professionnels qui continueront à exercer dans le secteur seront de grands professionnels portés par l’exigence de coller à leur époque. Il faut être sacrément rabougri pour ne pas avoir les yeux qui brillent face à tant d’opportunités.

 

8. Et aussi : un livre

Quoiqu’il advienne à l’avenir, Bertrand Pirel et Ben Lyttleton resteront les premiers à avoir eu les yeux assez frais pour prendre au sérieux mon pari consistant à me rendre disponible pour mener des projets de façon indépendante.

J’eus en 2014 l’honneur de traduire le livre Twelve Yards, The Art and the Psychology of the Perfect penalty, que nous avons traduit Onze Mètres, La Solitude du Tireur de Penlaty. Je n’étais, quand j’ai été pressenti pour le job, ni traducteur, ni auteur, mais je possédais l’enthousiasme et une idée suffisamment haute de l’écriture pour finir pas être casté pour ce travail. Ce fut un plaisir plutôt qu’une discipline. Onze Mètres est un excellent livre et je puis le dire sans fausse modestie puisque ce n’est pas moi qui l’ai écrit, je l’ai seulement « interprété ».


11 Mètres, de Ben Lyttleton, sortie le 26 février par creafeed

D’autres projets arrivent. Et dire que ça ne fait que commencer…

Bel été à toutes et tous.

Cédric ROUQUETTE
Twitter : @CedricRouquette
Contact : cedric@creafeed.com

Ils ont sollicité Creafeed au cours de ses neuf premiers mois d’existence (par ordre alphabétique):

- But! FC
– Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes

- Agence #CosaVostra
- La Dépêche Interactive
- eTF1
- Magazine Eleven
- Eurosport
- L’express.fr
- Le Figaro Classifieds
– Hugo Sport

- L’Obs.fr
- slate.fr
- Ecole des métiers du web Supdeweb
- Tamedia

2 Comentaires
  • Thom on 28 juillet 2015

    Comme en tennis, le talent finit toujours pas payer. Ce superbe post n’est que le reflet de l’auteur. Longue vie à ta start-up;)

  • CedricRouquette on 28 juillet 2015

    Merci Thomas, très gentil. Au plaisir.

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