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Blendle, l’appli qui fait payer les lecteurs qui ne vous consommaient jamais

Pour préparer la leçon inaugurale du CFJ, le 14 octobre, j’eus le privilège d’aller rencontrer Marten Blankesteijn (il faut dire « Blan-kess-chtaïne », mais il se moque complètement des interprétations fantaisistes). A Utrecht, dans le centre rétro-futuriste Jaarbeurs, il m’a expliqué la philosophie et les parti-pris qui ont justifié la création de Blendle, une plate-forme qui propose tous les articles des grands éditeurs néerlandais (soixante-dix aujourd’hui) en accès payant à l’unité. Un I-Tunes de la presse mag et quotidienne, pour résumer.

Le pari du payant en ligne est très loin d’être gagné, comme la plupart des éditeurs sont en train de l’expérimenter. Mais la spécificité du propos de Blankesteijn est qu’il propose à ces éditeurs un service complémentaire de celui qu’ils ont déjà mis sur le marché ou sont en train de concevoir. Je le cite de mémoire : prenons un grand quotidien français du matin qui s’appellerait, au hasard, La Planète. Cette marque sait déjà soigner ses inconditionnels avec des formules d’abonnement global web et numérique, un marché qui ne propose pas de marge faramineuse. Il sait aussi s’occuper de ses visiteurs occasionnels, ceux qui vont payer de 1 à 300 fois dans l’année pour un service qu’ils connaissent déjà. Tout cela est très bien mais n’offre pas de perspective de développement très importante.

Blendle, de son côté, s’occupe de mettre son contenu à disposition, pour des sommes parfois dérisoires (on trouve des articles à 0,10 centime), au reste de la population. Celui qui n’est jamais en contact avec ses contenus. « Nous nous occupons du troisième type de consommateurs de médias, celui dont personne ne n’est jamais occupé. »

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